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L'Eau : un Bien Commun !
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UNE COMBATTANTE POUR L’EAU BIEN COMMUN DE L’HUMANITÉ
Résistance contre un système qui, partout, à travers le monde, essaye de soumettre l’eau – la vie – à la domination de l’argent et des intérêts de profit des grands groupes multinationaux privés de l’eau. Une résistance forte avant tout en France, où sont nées et dominent les deux plus grands groupes multinationaux de l’eau au monde. On se souviendra, pour ne mentionner qu’un des derniers faits, du sit-in en face du siège de Véolia à Paris en février 2010 auquel elle a participé à 86 ans ! Et c’est en France qu’elle a lancé la campagne des « Porteurs d’eau » et de la bouteille « Bien commun de l’humanité, l’eau n’a pas de prix ». Une résistance qui a porté ses fruits car en janvier 2010 le maire de Paris a procédé – fait historique majeur dans le domaine de l’eau en France - à la re-publicisation de Eaux de Paris. Une résistance avec passion, contre l’injustice représentée par l’inégalité sociale face au droit à la vie. Elle l’a démontré en luttant à côté des Mapuches, au Chili, des paysans brésiliens et des peuples de l’Amazonie contre l’expropriation de leurs eaux, de leurs terres, de leurs forêts, ou en Italie en soutien des référendums abrogatifs des lois qui avaient imposé, sous le régime berlusconien, la totale et néfaste marchandisation et privatisation des services hydriques. On ne peut parler que de passion lorsque Danielle Mitterrand prêchait la lutte nécessaire contre « la mort programmée de la belle notion de ‘service public’ » ! Une résistance avec conviction et intelligence, car Danielle Mitterrand a cru dans les biens communs, les services publics, l’Etat en tant que fondements et moyens pour la promotion d’une société démocratique. Pour elle, une véritable gestion publique démocratique de l’eau n’est effective seulement lorsque tous les citoyens participent aux décisions et cessent d’être uniquement des consommateurs. Pour Danielle Mitterrand, il ne s’agissait pas seulement de factures d’eau, mais davantage de protection et sauvegarde, sous la responsabilité commune même financière, de la ressource naturelle la plus essentielle pour la vie - avec l’air, la terre et le soleil - qu’est l’eau. D’où sa présence active à tous les Forums Sociaux Mondiaux depuis leurs premières tenues à Porto Alegre. J’ai eu l’honneur de penser et organiser avec elle le premier Forum Alternatif Mondial de l’Eau (FAME) à Florence en 2003. Elle a été partout, en Afrique comme en Asie, dans les grandes métropoles du Canada comme dans les petits villages de la Sicile, au Parlement européen comme dans les conseils municipaux de la Région Provence-Côte d’Azur, toujours pour faire tourner la page de l’histoire en faveur de la reconnaissance concrète de l’eau bien commun de l’humanité. On aurait dû la revoir de nouveau fin janvier 2012 à Porto Alegre pour le Forum Social Mondial thématique dédié à l’eau, aux biens naturels et au développement durable, en vue aussi du sommet mondial Rio+20 qui se tiendra à Rio en juin prochain. La vie en a décidé autrement en tournant la page à un autre niveau, mais pas l’histoire de Danielle Mitterrand qui a été et restera une grande « Dame de l’eau » de France et du monde. Riccardo Petrella
Communiqué de presse
Mardi 22 novembre 2011 ![]() Décès de Danielle Mitterrand
France Libertés a la tristesse d’annoncer le décès de Danielle Mitterrand aujourd’hui à 2h heures à l’hôpital européen Georges Pompidou. Agée de 87 ans, Danielle Mitterrand a porté jusqu’au bout ses idées. Elle fêtait le mois dernier le 25è anniversaire de sa Fondation entourée et écoutée, pour son plus grand bonheur, de nombreux jeunes. Celle qui se reconnaissait dans les mots de Jean Paul Sartre « Il n’est pas juste de vouloir traiter les souffrances des hommes sans s’engager dans la lutte contre les causes même de ces souffrances » avait créé France Libertés pour toujours rester à l’écoute des peuples et de leurs droits et retransmettre leurs attentes. De la résistance à la libération de Nelson Mandela en passant par le soutien du peuple Kurde ou la défense du peuple tibétain, Danielle Mitterrand a ainsi marqué son époque par sa ferveur et son énergie. Inlassable militante, l’accès à l’eau pour tous était devenu, ces dernières années, au centre de son action et l’objectif de toute une vie. Malgré son départ, Danielle Mitterrand nous laisse un message d'espoir, qui montre la voie d'un monde plus juste aux générations qui inventeront le monde de demain. « Nouveaux résistants à l’ordre néolibéral, bâtisseurs d’un monde où chacun trouve sa part de vie, de liberté et d’action, expérimentateurs de solutions alternatives aux problèmes du temps... Qu’ils se rassemblent, s’unissent, fusionnent partout dans le monde pour mettre un terme à la dictature économique et financière, suppôt des dictateurs politiques. Celles-ci semblent être, enfin, ébranlées par la colère des peuples. C’est heureux mais ce n’est qu’un début. Je souhaite de tout cœur que nos propositions en faveur des biens communs du vivant soient comprises de tous et participent à l’urgente et indispensable métamorphose de la société humaine vers une nouvelle civilisation ». Dernier hommage à Danielle Mitterrand France Libertés donne rendez-vous jeudi 24 novembre à 13 h sur le Pont des Arts à Paris à tous ceux qui souhaitent rendre un dernier hommage à Danielle Mitterrand décédée mardi 22 novembre. Personnalités et anonymes se retrouveront en ce lieu emblématique dʼoù Mme Mitterrand avait lancé la campagne des Porteurs dʼeau pour lʼaccès à lʼeau pour tous le 5 juin 2010. Son cercueil sera visible au funérarium des Batignolles vendredi 25 novembre de 14h à 17h. Lʼinhumation aura lieu au cimetière de Cluny à 15h00 le samedi 26 novembre.
Le nouveau Statut de la Région de la Vénétie (IT), approuvé le 18 octobre dernier, reconnaît l'eau comme bien commun et le droit humain à l'eau, dans son article 8 repris ci-dessous.
Art. 8 - Patrimoine culturel et environnemental §1. La Vénétie, en respect du principe de responsabilité envers les générations futures, agit en vue d'assurer la conservation et la restauration de l'environnement, grâce à un gouvernement du territoire qui vise à protéger l'air, la terre, l'eau, la flore et la faune en tant que biens et ressources communes.
En cette journée mondiale du refus de la misère, Riccardo Petrella propose l’idée de rendre illégale la pauvreté. Pour lui, c’est mettre hors-la-loi la richesse inégale, injuste et prédatrice. Et ce n’est vraiment pas l’évolution que suit notre société en crise.
www.rtbf.be/info/opinions | lundi 17 octobre 2011 à 11h00
Une question de société L’histoire et la réalité montrent qu’on ne naît pas pauvre (ou riche), on le devient. Il n’y a pas de " naturalité " et de " inévitabilité " de la pauvreté. Pendant des décennies, les sociétés scandinaves ont réussi à éliminer la pauvreté. En revanche, les Etats-Unis qui glorifient les meilleurs, les gagnants, les plus compétitifs ont toujours été caractérisés par une forte proportion de pauvres. Aux yeux des Américains, c’est normal, les pauvres étant des perdants. On peut réduire voire éradiquer la pauvreté ou l’engendrer, la pérenniser. La société injuste fabrique la pauvreté. Dès lors, ce n’est pas davantage de richesse – comme le prétendent les dogmatiques de la croissance économique à l’aune du PIB - qui élimine la pauvreté. Une richesse définie et poursuivie en fonction des intérêts des privilégiés et des puissants, produite sur des bases prédatrices et par des méthodes élitistes, puis distribuée de manière inégalitaire et irrespectueuse des droits humains et sociaux est, en revanche, fort génératrice de pauvreté et d’exclusion. Déclarer illégale la pauvreté c’est déclarer illégaux les facteurs et les mécanismes qui au niveau des lois, des institutions et des pratiques sociales collectives engendrent et renforcent les processus d’appauvrissement et d’exclusion. Les exemples sont légion en ce qui concerne le traitement inégalitaire entre hommes et femmes, entre fidèles des croyances religieuses différentes, entre catégories sociales privilégiées et les familles dites de " bas niveau "….Il en est de même de l’accès aux biens essentiels et insubstituables pour la vie en cas de marchandisation, privatisation et financiarisation des services " publics " liés à ces biens. Lorsqu’une société fait payer par le " consommateur " un bien/service dont l’accès est défini par ailleurs comme un droit humain de tout citoyen, les facteurs et les mécanismes d’appauvrissement et d’exclusionjouent à plein régime. Et que dire de la vente massive des terres africaines et leur achat par les Chinois, les Européens, les Brésiliens, les américains USA, véritable expropriation du futur des populations africaines qui verront leur appauvrissement s’étendre sur les 9OO millions d’Africains censés naître d’ici 2050 d’après les estimations démographiques de l’ONU ? Il y a appauvrissement et pauvres car il y a enrichissement et riches. C’est le système de richesse inégale, de nos temps spécifique à la société capitaliste de marché et aux sociétés dictatoriales collectivistes oligarchiques, qui produit et alimente l’appauvrissement et l’exclusion du grand nombre. La pauvreté en est le résultat. Les mesures de sortie de crise renforcent l’appauvrissement L’échec des politiques dites de lutte pour l’élimination de la pauvreté, menées notamment ces quarante dernières années à partir des années ’70, sous l’impulsion voire le diktat des groupes sociaux dominants des pays " riches " du Nord, est évident, à quelques rares exceptions " locales ". Il est dû essentiellement au fait qu’elles ont porté uniquement sur les manifestations de la pauvreté. Elles ont cherché à remédier à ses effets les plus douloureux, atténuer ses ravages, compenser les dégâts. Elles ne se sont pas attaquées délibérément – il ne pouvait en être autrement - aux facteurs qui engendrent et alimentent les processus de promotion et de maintien du système de richesse inégale. Aujourd’hui un ouvrier spécialisé de la FIAT en Italie doit travailler 113 ans pour " gagner " ce que l’administrateur délégué du groupe financier-industriel multinational turinois gagne en un an. Dans les années ’50, il devait travailler un peu plus de 30 ans. Or quelles sont les priorités économiques et sociales des mesures dites de sortie de la crise adoptées par les mêmes dirigeants européens qui ont déclaré 2010 l’année européenne de la lutte contre la pauvreté ? Utiliser l’argent public, des Etats, des citoyens, pour recapitaliser les banques (celles qui gouvernent la FIAT en sont aussi les bénéficiaires) et réduire les dépenses publiques sociales au plan de la sécurité sociale, de l’emploi et du travail, et vendre au privé les services publics. Des politiques nécessairement défavorables aux groupes sociaux plus fragiles et vulnérables et qui nécessairement augmenteront les processus d’appauvrissement, sans pour autant toucher à la richesse des groupes sociaux riches auxquels l’administrateur délégué de FIAT appartient. Changer de politique Que faire ? Est-ce réaliste de penser pouvoir modifier significativement le cours actuel des choses ? Oui. A très court terme, il faut enlever aux opérateurs financiers le pouvoir politique de décision qui leur a été donné par les dirigeants politiques élus. Ces derniers doivent cesser, immédiatement, de maintenir l’indépendance politique de la Banque Centrale Européenne et l’autonomie politique de la Federal Reserve Bank des USA. Ils doivent mettre hors-la-loi les marchés spéculatifs des dérivés et arrêter la liberté des marchés des devises (la monnaie ne peut pas être une marchandise elle-même !). Il faut qu’ils stoppent de financer les banques (elles sont toutes privées !) et de couvrir les énormes dégâts qu’elles ont produits ces 30 dernières années par leurs mauvais choix et leurs politiques néfastes (dernier cas à l’ordre du jour, la faillite de DEXIA : ce ne sont pas les dépenses publiques qui en sont à l’origine ni les citoyens qui " auraient vécu au-dessus de leurs moyens " ! Dès lors pourquoi leur faire payer les dégâts pour de nombreuses années à venir ?). Il appartient, enfin, aux gouvernements de mettre fin au monopole d’évaluation économique du monde qu’ils ont accordé notamment à trois sociétés privées financières des Etats-Unis ! Les mesures proposées sont tout à fait possibles et réalistes car les situations à modifier ont été créés par des décisions prises par nos gouvernements. Ceux-ci peuvent, donc, rétablir la primauté du politique public au service de l’intérêt commun des citoyens qu’ils ont totalement expropriés de leur pouvoir et de leurs droits au cours des quarante dernières années. A moyen et à long terme, il faut éradiquer les causes de la richesse inégale et de la société de la croissance prédatrice de la vie en abrogeant les lois qui les favorisent, en éliminant les institutions et les organismes qui les gèrent et les promeuvent, en bannissant les pratiques sociales qui les légitiment.
Comme le XIX siècle fut le siècle de la déclaration de l’illégalité de l’esclavage, de même le XXI siècle doit rester dans l’histoire de l’humanité comme le siècle de la déclaration de l’illégalité de la pauvreté, de l’inégalité entre les êtres humains par rapport aux droits (et responsabilités) à la vie et pour la vie. Les pauvres sont des êtres humains dignes. L’existence de la pauvreté est indigne d’une société qui se dit civilisée. Riccardo Petrella, Professeur émérite de l’UCL Economiste et politologue, Riccardo Petrella est considéré comme un des penseurs de l’altermondialisme Il a fondé en 91 le groupe de Lisbonne, qui réfléchit de manière critique sur les formes de la mondialisation. Depuis des années, il se bat pour le droit à l’accès à l’eau. Son dernier ouvrage : " Pour une nouvelles narration du monde ", (Ecosociété 2007) est une critique du fonctionnement de la société capitaliste actuelle.
PAR MARC LAIMÉ, 29 SEPTEMBRE 2011
La présidente d’Eau de Paris, chef de file d’une liste de gauche, a remporté le jeudi 29 septembre à 16h30 la présidence du Comité de bassin Seine Normandie, disputée à André Santini, à la droite et aux usagers "socio-professionnels". Tension maximale à la Préfecture de Paris et de l’IdF dans l’après-midi du jeudi 29 septembre 2011. Pour la première fois une liste de gauche, dirigée par Anne le Strat, défait l’inamovible André Santini. 148 délégués étaient inscrits. 142 voteront. Un impeccable discours de Daniel Marcovitch qui présente avec émotion la liste de la gauche unie. Au premier tour du vote (électronique) à bulletin secret, André Santini l’emporte avec 71 voix contre 70 voix à Anne le Strat, et un bulletin nul. Le clan Santini exulte. Rappel au réglement... Compte tenu du règlement du Comité de bassin (la majorité plus une voix), il manque à André Santini 1/2 voix pour être élu... Second tour obligé. Ambiance glaciale. Trente secondes interminables avant que les chiffres ne clignotent sur le boitier électronique. Dans les têtes : "Sedif, le retour"... Anne le Strat : 73 voix. André Santini : 69 voix. Anne le Strat est élue présidente du Comité de bassin Seine-Normandie. Une liste de gauche rassemblée vient de conquérir la majorité au sein du Comité de bassin de la première agence de l’eau française, dont le président, Guy Fradin, ancien du cabinet Bachelot, pour lui avoir résisté, vient d’être éjecté par NKM, et remplacé par une fidèle aux ordres, Michelle Rousseau, ex-directrice-adjointe du CGDD. La liste Le Strat défend un ambitieux programme de réforme des orientations jusqu’ici privilégiées par Seine Normandie. Camarades, cela s’appelle l’aurore ! Champagne ! (Et carafe d’eau !)
Une étude menée durant cinq ans dans 30 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine est arrivée à la conclusion qu’il y a de toute évidence suffisamment d’eau sur la planète pour satisfaire tout au long du 21e siècle les besoins alimentaires, énergétiques, industriels et environnementaux. Le principal problème auquel il faut faire face aujourd’hui n’est pas celui de la rareté de l’eau, mais de l’utilisation inefficiente et de la distribution inéquitable des énormes volumes d’eau qui coulent dans les grands bassins fluviaux. Il faut savoir, par exemple, que les agriculteurs africains n’utilisent qu’à peine 4 % de l’eau disponible sur le continent.
26 septembre 2011
C’est à Porto Galinhas, dans le nord-est du Brésil, où s’est ouvert le 14e Congrès mondial de l’eau, qu’a été rendu public un nouveau rapport du ‘Challenge Program on Water & Food’ (CPWF), une unité de recherche patronnée par le Groupe consultatif pour la Recherche agricole internationale (CGIAR). L’objectif de cette étude était d’évaluer le plus complètement possible la manière dont les sociétés humaines dans de vastes régions du monde répondent aujourd’hui au besoin croissant d’eau pour les cultures et les pâturages, la production d’électricité, l’alimentation en eau potable des centres urbains en pleine croissance, et l’environnement. Les résultats de cette recherche donnent une idée du rôle de plus en plus politique joué par la gestion de l’eau dans la réponse à ces besoins concurrents, en particulier en ce qui concerne le problème le plus pressant auquel l’humanité est confrontée, à savoir le doublement de la production alimentaire dans les pays en développement pour nourrir une population croissante. Un défi politique davantage qu’un problème de ressources Selon Alain Vidal, directeur du CPWF, “le manque d’eau n’affecte pas notre capacité à produire suffisamment de nourriture. Il est vrai qu’il existe dans certaines régions, mais nos recherches montrent que dans l’ensemble, le problème réside surtout dans une incapacité à utiliser de manière efficiente et équitable les ressources en eau disponibles dans ces bassins. Il s’agit donc, en fin de compte, d’un défi politique plutôt que d’un problème de ressources (…) D’énormes volumes d’eau de pluie sont perdus ou jamais exploités, en particulier dans les régions non irriguées de l’Afrique subsaharienne. Avec de modestes améliorations, nous pourrions doubler, voire tripler notre production alimentaire actuelle.” L’étude met ainsi le doigt sur le rôle de la politique et de la gouvernance dans la gestion des ressources en eau : si les bailleurs de fonds et les pouvoirs publics mettaient davantage l’accent sur le soutien à l’agriculture pluviale, la production alimentaire pourrait augmenter de manière substantielle et rapide. De plus, et au-delà des seules pratiques culturales, ses auteurs notent qu’il faudrait également envisager des usages plus efficients de l’eau dans les secteurs de l’élevage et de la pêche trop souvent ignorés des politiques de l’eau. (Source : CPW/CGIAR)
THE FUTURE OF WATER
SUSTAINABILITY AND THE GREEN ECONOMY Riccardo Petrella, Professeur émérite, UCL (B)
Président de l'IERPE (Institut Européen de Recherche sur la Politique de l’Eau)
Résumé du discours tenu à l'occasion du 20ème Anniversaire de l'Agence Flamande de l'Environnement (VMM - Vlaamse Milieumaatschappij) A lire ici
C'est un combat majeur qui se déroule en Amazonie depuis de nombreuses années : la bataille autour du Belo Monte, cet immense barrage qui doit voir le jour dans le nord-ouest du Brésil, sur le fleuve Xingu. Le feu vert définitif pour la construction de l'édifice hydroélectrique a été donné le 1er juin dernier par l’Institut brésilien de l'environnement. Mais les opposants au projet ne baissent pas les bras.
Fin août, des manifestations ont été organisées dans quinze pays — du Brésil à la France en passant par le Mexique, les Etats-Unis et le Canada — par plusieurs associations telles que France libertés, Survival ou Amazon Watch. "Préservons la forêt et l'humanité. Non à Belo Monte !", scandaient les opposants, comme ici à Sao Paulo, où une effigie en paille de la présidente brésilienne Dilma Rousseff a été brûlée. La pétition lancée par le chef Raoni, connu pour ses combats en faveur de la forêt amazonienne et fer de lance de l'opposition au projet, a par ailleurs réuni plus de 100 000 signatures, tandis que des personnalités s'engageaient contre le barrage, comme le chanteur Sting ou le réalisateur James Cameron.
Selon les associations écologistes, le gouvernement brésilien bafoue par ailleurs la Constitution du pays et la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations unies, qui affirment notamment que tout projet ayant un impact sur des territoires indigènes doit s’établir en concertation avec la population y vivant. Mais pour l'Etat brésilien, pas question d'abandonner un barrage qui, avec une puissance prévue de 11 000 mégawatts, devrait générer 11 % de l’électricité du pays et créer des dizaines de milliers d'emplois. Afin d'accompagner la croissance économique, le gouvernement s'est en effet fixé pour objectif de doubler la production nationale d'électricité d'ici 2019 — date à laquelle le barrage est censé être achevé. La capacité énergétique installée, qui est actuellement de 112 000 MW devrait ainsi atteindre 240 000 MW d'ici huit ans. D'un coût évalué à 11 milliards de dollars, Belo Monte sera le troisième plus grand barrage au monde, derrière celui des Trois-Gorges en Chine (18 000 MW) et celui d’Itaipu qui alimente le Brésil et le Paraguay (14 000 MW). Sous couvert d'études rassurantes de l’Institut brésilien de l'environnement, organisme public, Dilma Rousseff ne semble pas vouloir faire marche arrière, même si sa cote de popularité en ressort affectée. Son prédécesseur, Lula Da Silva, avait de la même façon relancé le projet, quitte à crisper certains de ses alliés, avec notamment la démission de la ministre de l'écologie Marina Silva de son poste de ministre de l’environnement en mai 2008. Alors que le chantier a démarré, le bras de fer continue donc. Les porte-parole des peuples indigènes ont promis de nouvelles actions sans qu'aucune date ne soit encore fixée. Photos : YASUYOSHI CHIBA et EVARISTO SA/ AFP
A voir: "La guerre de l'eau - Fleuves en conflit" Série de visuels interactifs édités par LEMONDE.FR durant le mois de septembre 2011
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Ce Vendredi 03/02 : Soirée de soutien au Forum Alternatif Mondial de l'Eau, à Mundo-B (Bxl)










